A propos

« Le hasard, c’est Dieu qui se promène incognito. »

– Albert Einstein.

Je vous souhaite la bienvenue sur mon blog personnel, où j’écris sur des sujets divers et variés au gré de l’inspiration.

Au plaisir d’échanger. Quelques repères biographiques en guise de contextualisation.

Je suis né le 17 août 1971 à Marseille non loin du Palais Longchamp dans une maternité, depuis transformée en maison de retraite, où ma mère entendait rugir les lions d’un zoo qui n’existe plus. J’ai grandi très heureusement jusqu’à l’âge de 12 ans dans une cité emblématique des quartiers nord de Marseille, le Plan d’Aou, qui fut intégralement rasée dans les années 2000. Je suis issu d’une famille de réfugiés politiques espagnols, des Républicains anarchistes et socialistes ayant combattu le franquisme et exilés dans le sud de la France. Mon père était ouvrier menuisier du bâtiment et d’une curiosité intellectuelle maladive, ma mère a passé l’essentiel de sa vie à prendre soin des siens, notamment mon frère polyhandicapé et ce nuit et jour pendant 62 ans dans la joie et la bonne humeur.

Un peu par hasard j’ai été diplômé d’HEC, en 1995, où seul fils d’ouvrier de ma promotion je suis boursier. C’est d’ailleurs paradoxalement grâce à l’éducation anarchiste qu’a reçu mon père à Barcelone – inspirée des principes avant-gardistes de l’Ecole Moderne du grand pédagogue Francisco Ferrer – que j’ai acquis tout le capital culturel qui me sera nécessaire pour intégrer un jour une école comme HEC. J’y suis comme tous mes petits camarades subtilement mais efficacement formaté à la pensée néo-libérale et instrumentale du monde de l’entreprise et m’oriente vers la banque d’affaires internationale, qui me semble particulièrement glamour.

Pendant une vingtaine d’années je serai une sorte de golden boy globe-trotter plutôt fêtard et insouciant, manipulant à l’occasion des sommes pharaoniques dans des financements de grands projets industriels et technologiques à la solde de grandes firmes françaises, chinoises, américaines et britanniques, entre Jakarta, Singapour, Paris et Londres. C’est précisément à la City de Londres que je vis de l’intérieur la cataclysmique crise financière de 2008, au sein d’une banque qui a parfaitement illustré le principe de « privatisation des profits, nationalisation des pertes ». Banquier d’affaires le jour, je reprends des études en cours du soir en sociologie dans une université londonienne (le Birkbeck College) qui me font découvrir avec jubilation la recherche universitaire en sciences sociales. Je finis par perdre ma foi juvénile dans le capitalisme financier et quitte la banque, où j’avais de plus en plus le glaçant sentiment de vendre mon âme, il y a environ dix ans pour devenir aidant familial au pays natal pour mon frère et ma mère vieillissante et devenue veuve.

Commence alors sur la période 2015-2025 une traversée du désert faite d’échecs divers et variés, de déconvenues et de déceptions. J’expérimente ainsi, dans une quête de sens très à la mode et en vain, quantité de métiers et d’univers prétendument alternatifs au capitalisme mainstream et me convertis même au christianisme en demandant le baptême (ça va beaucoup mieux). Cette douloureuse traversée m’aura néanmoins permis (il me semble) de mieux comprendre le fonctionnement du réel et (je l’espère) de me guérir de mes tendances au quichottisme et au bovarysme. Je vis actuellement dans un petit village provençal très France périphérique en compagnie de ma sainte mère et de nos trois espiègles chats.